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  • Photo du rédacteurGaelle Rauche

Dans la fumée du monde - TEXTE

Dans la fumée du monde qui brûle de colère noire et dans mes yeux qui piquent, l'écho de nos voix dénouées qui s'allient pour relire notre humanité, notre faillite collective, notre haine perpétuelle de l'autre que soi, si différent, dans les gaz toxiques, we can't breathe, mais nos poumons résistent au cancer du totalitarisme, du racisme, de l'indifférence à la souffrance de l'autre, toujours lui, celui qui fait silence en nous. Une minute, pour tout changer, pour se lever, pour marcher, ensemble, contre les injustices, contre les différences de classe, de caste, de case, que nous avons forgé pour mieux asseoir nos privilèges, de l'histoire qui n'a rien appris d'elle même. Nous étions Charlie, pour la plupart, qui sommes nous devenus, au carrefour des manifs, au croisement des couloirs des hôpitaux bondés, des mains dessérées qui se levaient en jaune pour porter nos drapeaux, devant des caméras éteintes. Nos yeux continueront à aboyer, nos corps à cracher sur la tombe de nos libertés retrouvées, nous sommes unis contre nos dirigeants qui se battent sur Twitter, car plus personne ne nous dirige, nous sommes libres de nous aimer, masqués, devant ceux qui nous tuent désormais à visage découvert, nous portons les cicatrices des chaînes arrachées à nos petits individualismes pour panser ensemble, notre rêve d'humanité, de liberté, d'égalité, de fraternité, de sororité, la clarté de l'aube nouvelle est arrivée, alors dansons, dans le feu des infamies, que les flammes éclaboussent et consument nos préjugés, nos ignominies certitudes, sentiments de supériorité de nos acquis, dansons jusqu'à ce que nos pieds saignent, que nos cellules se fondent à la suie et deviennent aveugles à nos couleurs de peau à nos sexes revêtus, pour nous regarder droit dans le fond de l'âme, où les cadavres s'envolent des arbres fleuris, nous ne sommes pas morts en vain, étouffés par le pouvoir, nous sommes, nos propres miroirs prêts à regarder en face, l'éclipse, de nos vies arrachées au soleil de minuit.

02 juin 2020, nous sommes vivants. GaËLLE


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