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  • Photo du rédacteurGaelle Rauche

DANSE SLAM CAMP - OCTOBRE 2020


Dehors, la colère et la peur. Dehors, le bruit des bottes. Dedans, les rires qui pleuvent, les corps qui dansent, les mots qui jaillissent. Dedans, le silence qui brûle. Et ce feu-là, personne ne pourra le couvrir. Celui de ces enfants et ces adolescent(e)s qui posent leur regard sur le monde, et qui espèrent. Dedans. Comme si rien ne se passait, dehors. Vous ne verrez pas leurs visages, mais je vous assure qu'ils portent des sourires, et de la fierté. Ils ont entre 8 et 15 ans. Ils ont participé à cinq jours de stage de danse, slam, yoga, osthéopathie... et ont imaginé un spectacle. Ensemble. Ils se sont réveillés en pleine nuit pour écrire, ils sont arrivés en dansant pour se rencontrer, se dire et se partager. J'ai vu le feu, en eux, le feu qui les anime, ce feu qui les rend vivant. Dedans.

"C'est quoi le slam... c'est de la poésie libre... c'est quoi la poésie... c'est le soleil qui se couche en moi... c'est marcher dans le sable lentement comme une tortue... c'est la nature qui se transforme... c'est moi, c'est vous, c'est nous, tous ensemble.. c'est l'art... l'art c'est sourire... l'art c'est être..."

@droitsrésérvés

Cette semaine, j'ai bu du café, beaucoup, fait des couettes, essuyé des larmes de stress, fait des câlins, dit "mais si, tu en es capable... c'est normal d'avoir peur... sois fier(e) de toi... moi, je suis fière de toi... si tu pleures, ce n'est pas grave... accepte ton émotion... tu as le droit de te tromper... continue à écrire, à dire, à être... vous êtes un collectif, vous allez y arriver car vous êtes ensemble... c'est un cadeau que vous vous faîtes et que vous faîtes au monde" très souvent, et à priori, j'ai dit "ar-ti-cule... porte la voix... je veux t'entendre... ancre toi au sol... parle moi, je veux que tu me parles..." très souvent ensemble on a, allumé des étincelles et regardé les flammes danser. Je me suis perdue aussi, en moi, j'ai erré, comme les mort(e)s vivant(e)s que nous pourrions devenir. J'ai résisté, ensemble.

Cette semaine, j'ai reçu le refus de deux éditeurs, encore. Nous connaissons cette frustration, de vouloir partager, encore plus, de mots, de scènes, de livres, d'émotions. Nous sommes nombreuses et nombreux à chercher, sans trouver, quelqu'un(e) pour nous prendre la main. Je reste cette femme poète, slameuse, indivisible, et cette semaine me l'a encore rappelé. Cette vieille femme, que le dos ne porte plus, courbée par la vie, mais debout, je transmets, donne, reçois, accompagne vers soi m'aime, par l'écriture et la mise en voix, et ce feu-là, personne ne pourra le couvrir.

Si j'avais eu un fils, il se serait appelé Zéphyr, et aurait soufflé sur le monde, comme lui, un vent de poème. Ma fille, Anne Rose... mais vous le saurez peut-être un jour, en me lisant. En lisant mon livre, endormi quelque part dans le tiroir d'une maison d'édition, endormi mais vibrant en moi, en lui, en elles, c-elles qui ont accepté de le lire et le pleurer avec moi, pour nous, les femmes que nous sommes.

Ce n'est pas la fin de cette semaine, ce n'est que le début. Merci aux stagiaires, authentiques, au labo des histoires, à Priscillia de sa confiance renouvellée, à l'association C2D, aux animateurs, à la vie. Qui m'a fait un beau cadeau cette semaine... par hasard. J'étais là, par hasard. Même si parfois, elle reprend ses cadeaux, la vie. Peut-être pour nous apprendre, ou car on en a pas pris grand soin. Peut-être juste car elle est ainsi, la vie.






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